Enfant pas dans la norme
Ca vous rappelle quelque chose ?

Voici l’histoire de Pauline et Hermann, parents de 2 enfants. Pour eux, rien à faire, leur fils aîné ne rentre pas dans la norme.

Ca commence très tôt : bébé déjà, sans qu’un handicap soit réellement diagnostiqué, sa progression ne suit pas la courbe normale attendue par les médecins.

Et bien sûr, ça ne s’arrange pas quand il rentre à l’école.

Voici le récit de leur parcours chaotique. Et comment ils s’en sont sortis… d’une façon plutôt inattendue !

Une histoire qui illustre combien, nous parents, pouvons faire une différence dans la vie de nos enfants quand nous les acceptons tels qu’ils sont et les encourageons à s’appuyer sur leurs points forts.

Un enfant en retard

Pauline et Hermann sont donc les parents d’un bébé aussi mignon qu’un bébé peut l’être. Mais quand même, voilà qu’il a un peu plus de 2 ans et qu’il ne dit pas encore un mot.

Bah, il prend son temps !

Quand il se met à parler, quelque temps plus tard, c’est d’une façon bien étrange. Il se murmure d’abord les mots à lui-même, 3 ou 4 fois, tout doucement. Puis, quand il est prêt, il se lance un peu hésitant et prononce la phrase à voix haute.

Bizarre ?

La nounou, elle, a vite tranché : c’est évident, ce gamin est demeuré. Les parents eux, restent zen, on verra bien en grandissant.

En grandissant, cette drôle d’habitude persiste, ce qui n’en fait bien sûr pas l’élève le plus avancé de sa classe en français. On continue à se demander si cet enfant sera réellement capable de suivre à l’école.

De drôles de passions pour un petit garçon de 8 ans

Pourtant quand il arrive au primaire, il se passe une chose inattendue. Le petit garçon se découvre une passion pour les maths et plus tard pour la physique. Autant l’apprentissage de la langue a été laborieux, autant celui des maths et de la physique est plutôt aisé pour lui.

Hermann n’est ni intellectuel ni ingénieur, mais il a appris à aimer son petit garçon tel qu’il est. Alors voyant ses progrès dans ces 2 matières, il encourage sa curiosité en lui offrant des livres de maths et de physique. Le petit garçon se débrouille tout seul avec, puisque ses parents seraient bien en peine de les lui expliquer. Il a tôt fait d’avaler les programmes des années supérieures.

Pauline aussi a appris à aimer son petit garçon tel qu’il est. Passionnée de piano, elle lui fait découvrir la musique. Lui choisit bien vite : ce sera le violon ! Une passion est née en lui qui l’accompagnera toute sa vie. Mère et fils ont grand plaisir à jouer ensemble.

Pour Pauline, ça lui fait oublier les soucis du quotidien et l’inquiétude pour l’avenir de son fils, qui rentre toujours dans la catégorie « élève médiocre ».

En grandissant, un élève médiocre et indiscipliné

En grandissant, une autre difficulté apparaît : le jeune garçon, désormais au lycée, ne supporte plus la discipline, l’autorité et les punitions de l’école. Décidément, cet enfant a bien du mal à entrer dans les cases.

Sans laisser trop le choix à ses parents, il finit par s’enfuir du lycée. Plutôt que de l’engueuler, Hermann va aider son fils à trouver un lycée avec une pédagogie un peu plus souple, qui convienne mieux au caractère de son enfant.

Un jour, dans ce lycée plus souple, arrive un bulletin scolaire qui va mettre Hermann hors de lui. Bien sûr, les notes de son fiston en maths et en physique sont excellentes – entre 18/20 et 20/20 – mais en français c’est moyen et « ça n’est pas digne d’un élève d’une telle intelligence ».

Alors Hermann prend la plume « Mon fils m’a habitué à mélanger dans ses notes l’excellence et la médiocrité, chez lui l’une ne va pas sans l’autre ». Au final, son fils réussira tout de même à redresser un peu la barre pour les examens finaux.

A qui appartient cette histoire ?

Einstein génie enfant pas dans la norme
Un visage bientôt mondialement connu

Cette histoire pourrait se passer aujourd’hui, dans l’école de votre enfant.

Vous connaissez d’ailleurs peut-être un ou plusieurs enfants dont le parcours ressemble à cela ?

Celle de Pauline et Hermann s’est déroulée à la fin du 19ème siècle en Allemagne.

Cet enfant, c’était Albert Einstein.

S’il n’a jamais décroché de 18/20 ou de 20/20 en allemand ni en français, pas besoin de préciser qu’il a en revanche été suffisamment bon, développé suffisamment ses talents personnels pour devenir une des grandes icônes du génie humain.

Seulement ça, ses parents, en particulier son père, ne le sauront jamais.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire rétrospectivement, cela n’a pas été facile pour eux d’accompagner leur fils. Hermann est mort en 1902, 3 ans avant que son fils publie ses premières théories qui vont révolutionner la physique.

Pour lui, son fils aura été un jeune diplômé universitaire moyen, classé 4ème sur 5 de sa promotion, incapable de décrocher un poste d’enseignant. Rien, absolument rien, en 1902, ne laissait préfigurer le génie qui s’est révélé d’un coup en 1905.

Une leçon de sagesse : accueillir un enfant pas parfait

Encourager les passions
Encourager les passions !

Au-delà du génie exceptionnel d’Albert Einstein, il y a dans cette histoire une leçon de sagesse universelle pour nous parents :

accepter que son enfant est un mélange de points forts et de points faibles quand on le compare à la norme.

L’important, c’est que ses points forts lui donnent des ailes.

Hermann comme Pauline ont accepté que leur fils ne puisse exceller partout, qu’il ait des points faibles. Oui, dans son parcours scolaire, il a allié excellence et médiocrité.

Loin de l’encourager à la médiocrité, c’était simplement reconnaître que leur enfant n’était pas et ne serait pas parfait.

A partir de là, ce que nous pouvons faire en tant que parents, c’est offrir des expériences variées à nos enfants, y reconnaître leurs goûts et leurs talents. Et les encourager à les cultiver avec passion.

Quand Hermann a découvert le point fort de son fils en physique et en maths, il l’a encouragé. Hermann aurait bien été incapable de lui donner des cours. Il lui a simplement donné les supports pour alimenter sa curiosité et l’a laissé en paix étudier à la maison. Même quand il aurait été rassuré de le voir jouer au foot dehors avec d’autres garçons.

De même, Pauline a offert une ouverture à son fils, la musique, dont il dira plus tard qu’elle l’a grandement aidé à progresser quand il était bloqué dans ses travaux de recherche.

Et vous, comment faites-vous avec vos enfants pas parfaits ?

Etes-vous parfois découragés par leurs points faibles ? Comment les aidez-vous à révéler leurs points forts et leurs talents ?

Laissez un commentaire en bas de cet article pour faire partager votre expérience ! 

 

Tous les éléments biographiques de cette histoire sont tirés de l’excellente biographie « Einstein, His Life and Universe » de Walter Isaacson.

 

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2 comments on “Comment faire avec mon enfant qui ne rentre pas dans la norme ?”

  1. Merci pour cette histoire édifiante qui met en exergue la façon dont nos enfants peuvent être si facilement stigmatisés et catalogués comme « nuls », ceci à un stade parfois très précoce de leur développement. Sans l’apport et le soutien de personnes bienveillantes, ces enfants peuvent alors très facilement basculer dans un schéma d’échec.
    Un ami de la famille n’avait pas de très bonnes notes en 5ème. La prof de français avait alors déclaré à sa mère sur un ton péremptoire que son fils n’aurait jamais le bac. Cette sentence avait bien sûr mis la maman dans tous ses états. Ce garçon a depuis obtenu un doctorat en immunologie et travaille à présent comme chercheur à l’étranger, dans un centre hospitalier universitaire réputé. Il a effectivement mis peut-être plus de temps que d’autres, mais a finalement trouvé sa voie et a « réussi » au sens académique du terme.

    • Quelle histoire ! Incroyable de voir qu’un siècle après Albert Einstein, les choses ont peu changé 🙁 Nous aurions tellement à gagner si l’école regardait d’abord ce qu’un enfant sait bien faire, quels sont ses talents, pour ensuite l’encourager à progresser là où c’est nécessaire. Chaque enfant deviendra un adulte, membre à part entière de notre société, il est essentiel de l’aider à construire son parcours plutôt que de le rejeter dans le néant d’un « t’es nul » d’où il ne peut rien sortir de bon.

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