J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Céline sur Parents du 21ème siècle ! Céline est maman de deux enfants, et elle a la particularité de les avoir scolarisés d’abord à Paris, puis dans une école de campagne, dans le Sud de Lyon. Une expérience et un regard vif qu’elle partage avec nous sur un des sujets qui vous casse le plus les pieds avec vos enfants : les devoirs à la maison ! Céline est également l’auteur du blog Mamtrepreneure et rédactrice web SEO. Je vous invite à découvrir son article tout de suite ! 

Fais tes devoirs et tu réussiras bien à l’école… vraiment ?

 

C’est un des plus vieux débats de l’Éducation nationale, les devoirs sont-ils utiles ou faut-il refuser trop de devoirs à la maison ? Pourtant, depuis 1956, les devoirs sont interdits par la loi. Malgré l’ambiguïté du texte sur certains points, il explique déjà clairement pour l’époque, que “les enfants subissent un malmenage scolaire […] et que la fatigue est préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants.

Quand votre enfant rentre au CP, vous vous attendez à ne plus passer des fins de journée très calmes. Tout le monde vous l’a dit, maintenant, il va avoir les devoirs ! Ça commence avec un gros défi : apprendre à lire. Puis, en avançant dans les années, les défis sont de plus en plus importants.

Cependant, dès le CP, votre enfant a bien souvent une charge de travail le soir qui inquiète les parents et stresse les enfants. Au début, cela peut être amusant de voir comment votre enfant va comprendre et apprendre sous vos yeux.

Mais voilà, nous, parents, ne sommes pas enseignants. Or, de nombreux parents se transforment le soir venu en professeurs des écoles. Cris, pleurs, temps perdu, fatigue, conflits ou absence totale de travail font que les devoirs sont tant redoutés qu’ils n’apportent rien de bon aux enfants et ne garantissent pas leur réussite scolaire. D’ailleurs, les devoirs à la maison sont considérés comme une corvée par de nombreuses familles et sont prouvés comme néfastes, voici pourquoi.

1 – Les devoirs à la maison ou comment être épuisé dès le plus jeune âge

Quand vous rentrez le soir chez vous après votre journée de travail, qu’avez-vous envie de faire ? Continuer les tâches que vous n’avez pas terminées au bureau ? Vous avancer pour le lendemain ? Ou, avez-vous envie de vous détendre, de profiter de votre famille, de partager un repas ensemble et de faire des choses pour vous ? Personnellement, j’opte pour cette dernière proposition. Je vous demande alors, pourquoi votre enfant serait-il différent de vous ? Surtout lui, qui a une capacité de concentration plus courte et un niveau de fatigue plus rapidement atteint.

Aujourd’hui, de nombreux enfants passent des journées allant jusqu’à 11 heures dans l’établissement scolaire. Ils arrivent au périscolaire à 7h30 et en repartent à 18h30. Les enfants et les écoles doivent s’adapter au rythme de travail des parents. Certes, cette amplitude horaire n’est pas celle de tous les enfants, mais bon nombre d’entre eux vivant dans les grandes villes sont concernés.

Alors, après ces journées sans fin, comment les enfants peuvent avoir, et l’envie, et la force de se plonger dans les devoirs ? Même si votre enfant a la chance de rentrer à 16h30 à la maison, sa journée a commencé à 8h30, elle fait déjà 8 heures. Ne voyez pas la pause méridienne souvent passée à la cantine comme une pause détente. C’est plutôt une récréation géante avec cris et brouhaha incessant.

Quand toute la famille a eu une longue journée, les devoirs sont souvent une bête noire qui est soit combattue dans la douleur, soit complètement ignorée. Refuser trop de devoirs à la maison peut être salutaire pour tout le monde, en priorité pour votre enfant.

Par ailleurs au primaire, les devoirs devraient pouvoir être faits rapidement pour passer en revue ce qui a déjà été appris en classe. Ils ne devraient être faits qu’à l’oral en quelques minutes de manière ludique. Votre enfant devrait être fier de vous montrer ce qu’il a appris ou compris pour continuer de plus belle le lendemain.

Et s’il n’y en avait pas du tout ? Et si l’école restait le lieu de l’apprentissage, et la maison le lieu de vie familiale ?

2 – Trop de devoirs à la maison apportent du stress et éloignent de l’envie d’apprendre

L’équation “+ de devoirs = + de résultats scolaires” est fausse !

Du primaire au collège, cette pression maladive que sont les devoirs à la maison le soir transforme nos enfants en élèves stressés.

Nous ne rentrerons pas ici dans le débat des rythmes scolaires et de la longueur de la journée d’école ou de la longueur et la répartition des vacances.

Cependant, comme l’article sur les raisons du stress des enfants à l’école l’explique, force est de constater que nos enfants développent une certaine nervosité quant à l’école et surtout aux devoirs écrits qui les attendent chaque jour.

Pourquoi ?

Simplement parce que le temps d’école est compressé. Il faut faire rentrer dans les heures de cours un programme lourd. Selon les tests PISA analysés par Claude Lelièvre, historien de l’éducation, « Les pays qui ont les meilleurs résultats comme le Japon, la Finlande ou la Suède, ont beaucoup moins d’heures et elles sont plus dispersées. Un élève français passe 142 jours par an en classe contre 190 en moyenne dans les pays de l’OCDE. En un siècle, on a perdu un tiers du temps d’école.»

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela signifie que nos enfants doivent intégrer les programmes en un minimum de temps sur des journées longues. Et nous voudrions que nos enfants fassent en plus des devoirs le soir, à la fin de ces longues journées ?

Cela veut aussi dire que de nombreux enfants ont un certain dégoût de l’école. Ils décrochent, comme il est courant de dire. Ils sont en situation d’échec.

Pour en arriver où ?

Pas à de meilleurs résultats. De nombreuses études le prouvent, dont l’étude PISA, que nos collégiens français de 15 ans ont des résultats tout à fait médiocres en math. Cette matière les stresse à cause de la pression qui est sans cesse mise sur l’obligation de réussir dans les matières scientifiques.

Pourtant depuis tout petit, tous ces devoirs à la maison devraient les mener à l’excellence, non ?

3 – Les différences de niveau des écoles

À la ville ou à la campagne, nos écoles ne sont pas les mêmes. C’est une réalité. Les classes n’ont pas les mêmes effectifs et les enseignants ne s’impliquent pas de la même manière. Par expérience, mon aînée en est à sa 3e école à 9 ans, après le bain parisien avec des effectifs à la limite de la surpopulation, elle est aujourd’hui dans une école à la campagne où la journée est à l’image du nom de son école “La Clé des Champs”.

École des villes

Après avoir souvent échangé avec les parents des anciennes camarades de classe restées à Paris, les enfants ont des devoirs depuis le CP qui peuvent durer jusqu’à une heure chaque soir. Pour des enfants de 6 ans…

Pourquoi ?

Parce que les enseignants confient aux parents, en mesure d’assurer, le job qu’ils n’ont pas les moyens de délivrer en totalité pendant le temps de classe. Les effectifs élevés, les grandes inégalités sociales rencontrées dans certaines écoles, obligent les enseignants à s’adapter sans cesse pour laisser le moins d’enfants possible de côté. Charge ensuite aux parents ayant la capacité intellectuelle et sociale de poursuivre le travail engagé en classe, et de compléter l’apprentissage de leurs enfants.

Comme le souligne Gerald LeTendre, de l’université américaine de l’État de Pennsylvanie, donner des devoirs « semble être une stratégie de rattrapage parce que tous les sujets ne sont pas couverts en classe […] et non pas une stratégie d’avancement (travail conçu pour accélérer, améliorer ou faire exceller les élèves) ».

École des champs

“Les enfants apprennent tout ce qu’ils doivent savoir pendant le temps de l’école”

À la campagne, nous avons une petite poésie à apprendre, ou plutôt à finir d’apprendre (puisqu’elle a déjà été apprise en partie à l’école), de temps en temps et quelques mots de dictée ou une leçon de science qui tient en 4 lignes.

Mais les classes dépassent rarement les 25 élèves sur deux niveaux confondus. 5 classes allant de la petite section au CM2. Les niveaux se mélangent, ça s’appelle le décloisonnement.

Les enseignants se répartissent les matières. Donc, tout le monde se nourrit de l’autre et s’entraide. Chaque enfant est connu individuellement par tous les enseignants et par tous les enfants de l’école.

À la rentrée, lors de la réunion parents/professeurs, le discours est clair : ”Ne vous inquiétez pas s’il n’y a pas trop de devoirs, ils apprennent tout ce qu’ils doivent savoir pendant le temps d’école. Le reste viendra avec le temps.”  D’ailleurs, il n’y a pas d’étude dans l’école primaire. Le périscolaire prend le relais dès la fin de la journée d’école avec ses projets de loisirs créatifs et son temps de détente total.

Là où on rejoint les grandes villes, c’est en arrivant, au collège, qui forcément se trouve dans des petites villes de proximité. À cette étape de la vie scolaire, refuser trop de devoirs à la maison devient presque crucial. En effet, ils explosent. De nombreux profs se défendent derrière l’accusation que s’ils ne donnent pas suffisamment de devoirs, ils sont considérés comme mauvais profs.

Donc, plutôt que d’expliquer aux sceptiques les bienfaits d’une petite quantité de devoirs au collège, les élèves doivent difficilement s’adapter comme les parents. Pour le jeune collégien, terminés les loisirs ou le temps de repos après l’école. Il y a les devoirs et le lendemain, le car (ici, pas de bus, c’est le car) passe à 7h00 donc il faut se coucher tôt.

4 – Faire place à d’autres manières d’apprendre et d’aimer apprendre

Non, l’école ne fera pas de tous nos enfants des cadres sup’, des ingénieurs ou de futurs Prix Nobel de sciences. Obliger votre enfant à apprendre à écrire contre son gré en petite section, alors qu’il préfère jouer aux legos, ne garantira pas sa réussite scolaire ou professionnelle. En agissant ainsi, on ne respecte pas le développement naturel de l’enfant.

Comme pour de nombreux aspects de la future vie d’adulte d’un petit être humain, sa petite enfance et son enfance déterminent grandement ce qu’il devient plus tard. Or, essayer d’en faire un génie (qu’il est à vos yeux) risque de gâcher sa vie et vous mènera dans le mur.

Même si beaucoup de choses s’apprennent en classe, dans les leçons et les exercices, la lecture est une des meilleures activités pour apprendre, rêver et se construire. Le jeu, l’oisiveté, le sport, les activités artistiques sont aussi des domaines qui permettent à une personnalité de se développer. Essayer de forcer les informations à rentrer dans un cerveau qui n’est pas prêt à en recevoir, est autant d’énergie qui peut être dépensée pour développer d’autres affinités.

Faites le test : essayez de faire apprendre à votre enfant quelque chose qu’il refuse, vous allez vous épuiser et entrer en conflit tous les deux. Puis, un jour, vous découvrirez que votre enfant a finalement acquis cette connaissance, mais d’une autre manière.

Qu’est-ce qui compte : savoir à tout prix ou laisser ce savoir s’acquérir à son rythme ?

5 – Avant le lycée, les devoirs n’ont guère d’effets bénéfiques

De nombreuses recherches montrent que le temps passé à faire des devoirs à la maison doit être adapté en fonction de l’âge. Si vous tenez absolument à ce que votre enfant fasse des devoirs à la maison, voici une règle de base de rapport temps de devoirs/niveau scolaire sur le maximum à ne pas dépasser. Il faudrait (et j’emploie le conditionnel) faire au maximum 10 minutes par niveau :

  • 10 minutes au CP
  • 20 minutes au CE1
  • 30 minutes au CE2
  • 40 minutes en CM1
  • 50 minutes en CM2 !!!

50 minutes pour un élève de CM2, c’est énorme. “Mais il rentre au collège l’année suivante”, me direz-vous. Oui, mais au collège non plus les devoirs ne prouvent pas avoir des effets bénéfiques sur les jeunes adolescents. De plus, les études, là aussi, disent que 15 minutes maximum le soir en primaire sont bien suffisantes.

Pas de devoirs en Finlande… et parmi les meilleurs résultats scolaires au monde !

La Finlande souvent montrée en exemple, ne fait pas exception sur ce point. Les petits Finlandais n’ont pas de devoirs avant le lycée et ceux-ci sont intégrés progressivement.

Pourtant, c’est un des pays de l’OCDE qui réussit le plus et dont les jeunes sont les plus épanouis.

Selon cet article de Slate.fr qui met en regard les rythmes scolaires et le classement PISA : « Les enfants finlandais détiennent le record du minimum d’heures de cours dans l’OCDE (…) ce qui ne les empêche pas d’être considérés comme les plus performants d’Europe.

Sport : le système scolaire finlandais attache beaucoup d’importance à la musique, à l’art, au sport, et aux langues vivantes que l’on apprend très tôt dès les petites classes.

Classement Pisa : 1er en savoir-lire (2000), 1er en mathématiques (2003), 1er en sciences (2006). »

Dans tous les cas, même au lycée les devoirs ne doivent pas excéder 2 heures par soir. Au-delà, les résultats commencent à baisser, car l’apprentissage n’est plus efficace. De nouveau, le cerveau rentre dans le rouge et se met en saturation. Une étude de l’Université de Stanford explique les limites atteintes lorsque les devoirs à la maison deviennent trop importants : plus de stress, des problèmes de santé, moins de vie sociale et familiale, se mettre en marge de la société.

Quand on pense que les devoirs doivent servir à consolider les acquis appris en cours et à aller plus loin dans la réflexion à partir d’un certain niveau… On en est loin ! On s’en éloigne toujours un peu plus avec le temps. C’est pourquoi la communication entre les parents et les enseignants est une des clés pour réussir à réduire les devoirs à la maison.

Comment exprimer son refus de trop de devoirs à la maison

Comme tous les parents, vous prenez la défense de votre enfant et ne vous préoccupez pas trop de ce que peut bien penser ou ressentir l’enseignant. Après tout, c’est son métier que d’enseigner. Cela n’empêche que nos enseignants et nos profs ne sont ni des robots ni des machines pré-programmées. Ce sont des personnes qui elles aussi doivent composer chaque jour avec un certain nombre d’élèves tous différents, et leurs parents avec eux aussi leurs personnalités. Vous vous adressez à une personne, ils s’adressent chaque jour à des dizaines.

L’art et la manière

Reconnaissez qu’ils doivent composer avec les particularités de chacun et les intégrer dans le moule commun qu’est l’école. Donc en tant que parents, lorsque vous vous adressez à un enseignant, vous devez garder en tête qu’il est aussi une personne avec sa sensibilité et sa personnalité. Et oui, quelques fois, les personnalités rencontrées ne sont pas simples à aborder. Et oui, les enseignants ne prennent pas toujours des gants.

Mais,

Vous savez garder un certain flegme et pragmatisme en vous adressant à vos collègues ou votre responsable ou vos salariés. Pourquoi ne pas en faire de même avec le prof ? L’art et la manière de dire les choses jouent un rôle important avec n’importe quel interlocuteur.

J’essaie juste de vous dire : ne braquez pas l’enseignant en lui disant qu’il a tort, qu’il enfreint la loi de 1956 sur l’interdiction des devoirs en donnant du travail à la maison à VOTRE enfant. Il y a des chances qu’il n’en donne pas qu’à votre enfant, mais à la classe entière. De plus, comment réagiriez-vous si quelqu’un, qui ne connaît rien à votre métier, venait vous critiquer, et même vous dire que vous êtes hors la loi ? Prendre de front pour régler un point aussi crucial que les devoirs à la maison n’est vraiment pas la meilleure idée, essayez de commencer par les points positifs.

Un peu de positivisme ne fait pas de mal

Avant de courir et de voler dans les plumes de l’enseignant, préparez-vous. Réfléchissez à, comment aborder le problème qui vous amène et soyez conscient qu’il ne s’excusera pas de donner trop de devoirs. Focalisez-vous sur comment résoudre le problème plutôt que de juger le coupable. C’est pourquoi, avant l’entretien, essayez de trouver les points positifs et dites-les lui ! Vous mettrez alors en confiance le prof qui était persuadé qu’il allait à la confrontation.

Petit à petit, on devient moins petit

Apprendre à rechercher des solutions avec l’enseignant pour ne plus jamais avoir trop de devoirs

 

L’idée est de faire ressortir un point de vue commun sur le trop de devoirs à la maison. Aussi petit soit-il, il faudra partir de là pour remonter la pente ou la falaise.

Trouver un PDCC, le plus petit dénominateur commun, cette technique développée dans le Manuel de Survie à l’Usage des Entretiens Parents – Profs va beaucoup vous aider à gérer votre relation avec les profs.

En reformulant ses propos, en lui demandant de confirmer ce que vous avez compris, en proposant ou en demandant des solutions pour résoudre le problème et en mettant en avant vos points d’accord alors, vous pourrez lui demander de faire un pas vers vous.

Avant de lui demander de supprimer en totalité les devoirs, essayez de l’amener à la conclusion qu’effectivement cela fait beaucoup d’un coup, qu’il y a moyen de les répartir différemment ou de les donner suffisamment longtemps en avance pour ne pas se retrouver pris par le temps.

Faites-vous aider

Si votre négociation n’a pas abouti alors, n’hésitez pas à vous faire aider par des personnes de l’extérieur comme les parents délégués élus. Ils sont là pour écouter et reporter les problèmes rencontrés par les familles aux conseils d’école, en maternelle et primaire ou aux conseils d’administration des collèges et lycées. Concernant les devoirs, il y a de fortes chances que vous ne soyez pas les seuls parents dans cette situation. Échangez avec les parents autour de vous et prenez contact avec les représentants des parents d’élèves qui portent la voix des parents auprès du corps enseignant.

Comment ça se passe chez vous ?

Vous subissez la pression des devoirs ? Vous avez réussi à refuser trop de devoirs à la maison ? Partagez votre expérience et vos astuces dans les commentaires.

 

Par Céline, auteur du blog Mamtrepreneure

 

 

Recherches utilisées pour trouver cet article : au cp il y a trop de devoirs 2018

9 comments on “5 raisons de refuser trop de devoirs à la maison”

  1. En tant qu’enseignante et maman, je suis entièrement d’accord avec cet article. Le soir, les enfants et leurs parents ont mille autres choses à faire que les “devoirs”.

  2. J ai lu avec interet votre billet.
    Je suis enseignant, en lycee. Et je donne tres tres peu de travail a la maison.
    La ou je ne me retrouve pas dans votre article c est que je suis souvent amene a me justifier, aupres des parents, de cette faible charge de travail…..
    J ai demande, au travers d un sondage, aux eleves, s ils souhaiteraient plys, ou moins, de travail perso. Etonnament 30% estiment ne pas en avoir assez.
    Enfin, les inspecteurs recommandent de donner des devoirs maison courts mais frequents.

    Pourtant, apres 4 ans de pratique quasi sans travail maison (sauf travaux de recherche durant les vacances) je ne constate aucune difference dans les acquis des eleves.

    La seule chose a mon sens utile : 2mn chaque jour, simplement oyvrir le cahier, pour se rapeller ce qu on a fait. Et malheureusement peu d eleves le font, les parents pourraient s impliquer… Pour moi en maths je ne demande ainsi que 8mn par semaine….. Et sans effort, juste relire les titre et refermer en se disant : aujourd hui j ai appris ca.

    Est ce encore trop ?

    • Bonjour,

      Un grand merci pour le partage de votre expérience d’enseignant !

      Je vous rejoins sur le fait que les parents ont besoin d’être mieux informés sur la question des devoirs… c’est d’ailleurs l’objectif d’un article comme celui-ci 😉

      Lâcher la pratique des devoirs est un changement pas facile :
      – nous avons tous eu des devoirs quand nous étions petits… et donc on a tendance à penser que “c’est comme ça qu’il faut faire”
      – spontanément, en tant que parents, on se dit “mais si mon enfant n’a pas de devoirs, alors que dans la classe d’à côté ils en ont, mon enfant va prendre du retard par rapport aux autres”

      Donc il y a un vrai dialogue à engager avec les parents pour nous embarquer dans ce changement et pour que nous sachions comment accompagner au mieux nos enfants !

      À bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali

    • Bonjour,

      Merci pour votre commentaire enrichissant.
      Oui, les vieilles habitudes sont difficiles à faire évoluer.

      Finalement, je note que si 30% de vos élèves estiment ne pas avoir assez de devoirs, cela veut surtout dire que 70% sont satisfaits de ne pas en avoir plus ! Et 70% c’est une majorité absolue 😉

      Quand vous dites que vous ne constatez aucune différence dans les acquis, c’est par rapport à des élèves qui ont beaucoup de devoirs ? Si oui, cela confirme bien que donner plus devoirs ne consolide pas plus les acquis qu’en donner peu.

      Je ne permettrais pas de juger si vous donner suffisamment ou pas de devoirs mais votre démarche va dans le bon sens. Celui de vouloir consolider ce qu’ils ont appris en cours. Et comme cela est expliqué dans cet article et par Magali sur ce blog, la communication parents – profs est essentielle pour faire évoluer les mentalités et les pratiques.

      Belle journée
      Céline

      • Notre preoccupation est de repondre a l ensemble des besoins des eleves. La notion de majorite n a pas grand sens pour nous.
        Ce ne sont pas les eleves qui decident des modalites, mais prendre leurs avis importe.
        Personellement si 30% demandent 0lus de travail, cela m interpelle quand meme.

  3. En ce qui concerne le constat que j’ai mentionné, pas de différence dans les acquis : oui c’est par rapport à d’autres classes. Je me base essentiellement sur les devoirs communs, et la connaissance, au travers d’échanges, des pratiques de chacun dans l’établissement.
    Il m’apparaît en effet que les classes qui ont un exercice a faire à chaque séance ne progressent pas davantage que ma classe.
    Mais attention : d’autres paramètres entrent en compte, et il est toujours très difficile d’attribuer les progrès, ou l’absence de progrès, à un seul paramètre. Avec les mêmes approches pédagogiques on obtient, d’une classe à une autre, des résultats très différents. Il est donc compliqué de dire que telle ou telle approche est réellement plus productive….

    Mais au fil des années, oui, je crois que je peux dire que le travail à la maison n’est pas un facteur de progrès, du moins pour les élèves moyens ou faibles, les très bons élèves eux savent valoriser leurs efforts, qu’ils font généralement sans douleurs.

    C’est un avis personnel non démontré, qui est et restera controversé. Chaque élève, chaque enseignant, chaque parent, est différent, et il n’y a pas de recette miracle. Moi je pense fortement que le bien être reste un paramètre clef, que si l’élève vient à reculons dans ma classe, il ne progressera pas beaucoup. Que l’école doit être un lieu que l’élève ressent comme sécurisant, épanouissant, une ouverture qui va au delà de ce qu’il reçoit dans son cocon familial. Parfois nos deux mondes se heurtent, s’opposent, c’est inévitable et il faut que cela soit accepté de part et d’autre.

    Je n’ai pas de difficulté dans les relations avec les parents, du moins pas à ce jour, j’espère que cela perdurera ! Mais en revanche, je perçoit les différences dans l’attitude des parents vis à vis de la scolarité, et on aurait souvent envie de dire, à certain parents, qu’ils n’aident pas leur enfant. On ne peux pas les prendre frontalement, risquer d’être mal perçu, comme des donneurs de leçons, qui viendrais leur dire comment éduquer leur enfant. Il faut accepter tout le monde comme il est, et essayer de dégager les meilleures solutions. Certains parents surprotège l’enfant, le couvre pour ses absences, ses attitudes inadaptées, etc… d’autres au contraire se montrent exagérément autoritaires, ne laissant pas de marge de manœuvre au jeune, ils sont en recherche d’une perfection impossible. Certains parents peuvent même se montrer brutaux. A chaque fois que l’on rencontre une famille, on doit jongler entre ce qu’on voudrais faire passer, et ce qu’est la famille, comment elle fonctionne, la place du jeune dans la famille etc…Et bien entendu, nous ne sommes pas infaillibles, parfois le dialogue peut être compliqué ou peu efficace.

    Dans cette optique, toute initiative permettant d’améliorer le dialogue profs-parents est utile. En fait, nous sommes parfois perçus comme un danger par certaines familles, détenteurs d’un pouvoir sur l’avenir de leur enfant…. dans ces situations, parvenir à une collaboration fructueuse est plus compliqué. Et il faut accepter qu’on y parviendra pas toujours, soit par manque de temps consacré à chaque cas individuel, soit par ce que tout simplement, on ne sait pas comment faire.

    Les profs, les familles, et les élèves, sont imparfaits. Mais en matière d’éducation, l’imperfection est très mal acceptée.

    • Merci pour votre réponse, toute en nuances ! J’apprécie énormément votre message : les choses ne sont pas tout blanc, ni tout noir, sinon ce serait simple… et un brin ennuyeux 😉

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