Ouah, quel débat !! L’article publié il y a 15 jours Ecole : la bienveillance fabrique-t-elle des rois fainéants a suscité des dizaines de commentaires, de partages et de likes sur les réseaux sociaux ! Le thème vous a parlé et j’en suis ravie 🙂

La discussion s’est cristallisée sur une question : dans l’éducation de nos enfants, à l’école comme à la maison, peut-on réellement être bienveillant et exigeant à la fois ?

 

Dans notre culture française, 2 binômes semblent formés pour la vie : bienveillance-laxisme et exigence-sévérité. C’est comme ça : si on est bienveillant, alors nécessairement on réduit le niveau d’exigence et on sombre dans l’écueil du laxisme. Si on est exigeant, qu’on veut tirer nos enfants vers le haut, alors nécessairement il faut savoir leur mettre un bon coup de pied aux fesses de temps en temps et punir quand ça part en vrille.

L’excellence mondiale actuelle en matière d’éducation nous offre un autre binôme : bienveillance-exigence. Ca marche. Mais il faut reconnaître que c’est difficile à concevoir dans notre école actuelle.

Alors pour se donner une petite idée d’à quoi ce binôme bienveillance-exigence peut ressembler, je me suis dit qu’une courte vidéo valait mieux qu’un long discours 😉 Offrez vous une pause cinéma de 6 minutes (voir correctif en bas de l’article), et si vous le voulez bien, invitez votre enfant à regarder avec vous !

Je vous retrouve en-dessous de la vidéo


Piper (Pixar)Videos buzz

Je vous propose 3 questions à discuter avec votre enfant :

  1. Est-ce que la maman oiseau est gentille ou sévère avec son oisillon ?
  2. Est-ce que c’est facile ou difficile pour le petit oisillon de devenir un oiseau pêcheur ?
  3. Si tu devais choisir, préfèrerais-tu être le petit oisillon qui reste dans son nid au début du film ? Ou le petit oisillon pêcheur à la fin du film ?

Voici quelques repères « éducation du 21ème siècle » pour nourrir la discussion. Sur la méthode : la maman oiseau est bienveillante et exigeante à la fois avec son oisillon. Elle l’encourage à essayer et lui passe le message « tu es capable, je crois en toi ». Et en même temps, elle est exigeante sur le résultat : « tu vas apprendre à pêcher ».

Sur le résultat, encouragé par l’attitude de sa maman, le petit oisillon a réussi quelque chose de très difficile pour lui : quitter son nid et grandir sur le chemin de l’autonomie ! Et au passage, il a développé quelques unes des 6 attitudes de la réussite :

  • Aimer apprendre, oser prendre des risques
  • Pensée créative : utiliser ses expériences – sa rencontre avec le bernard l’hermite – pour créer quelque chose de nouveau – une technique de pêche + efficace
  • Communiquer efficacement : s’ouvrir aux idées des autres, être capable de les intégrer, de rebondir dessus
  • Vivre avec éthique. Prendre soin de soi : ce petit oisillon est capable d’accepter ses peurs pour les surmonter, il ne fait pas semblant de ne pas avoir peur ! Prendre soin des autres : en ayant l’exigence de lui apprendre à faire seul, la maman oiseau l’emmène sur le chemin de l’autonomie

Comment ça se passe chez vous ?

Cet article vous a parlé ? Je vous invite maintenant à faire 2 choses :

  1. Laissez un commentaire pour partager votre avis et votre expérience : quelles sont vos astuces pour allier bienveillance et exigence ?
  2. Partagez cet article avec vos amis sur Facebook en cliquant sur le bouton « F » à votre gauche… pour faire connaître à plus de parents les bénéfices du binôme bienveillance-exigence 🙂

Correctif : Argh, Disney a mis en ligne le court métrage pour 24h seulement puis l’a fait retirer de tous les sites >:o Le temps que je publie cet article, et hop envolé. Ne reste plus que la bande annonce en streaming. Si vous aviez prévu d’investir dans le DVD du Monde de Dory, vous l’y retrouverez dans les bonus :

4 comments on “Piper : une maman bienveillante peut aussi être… sacrément exigeante !”

  1. Bonjour,

    Je suis partagee sur ce court metrage. Je pense sincerement que les enfants montrent le meilleur d’eux meme quand on leur laisse le temps dont ils ont besoin pour faire les choses et quand on les encourage dans leur motivations.
    Mais pousser les enfants quand ils ne sont pas prets, quand ils ont peur, n’est pas a mon avis une bonne chose. Dans ce court metrage, tout fini bien pour cet oisillon qui finit par exceller pour trouver a manger mais que ce passe t-il en cas d’echec ? Meme si on encourage echec apres echec avec bienveillance, l’enfant fini par perdre confiance et / ou par se braquer.
    Et ce que je voudrais pour mes enfants c’est qu’ils soient motives par eux memes, qu’ils ressentent le besoin de faire les choses, pas qu’ils les fassent pour me faire plaisir (motivation extrinseque).

    En gros pour moi : Accompagner oui, mais pousser (meme avec bienveillance) non.
    Et j’ai ete elevee avec ce type de principe : c’est pour ton bien, tu vas voir c’est genial, tu vas finir par y arriver. Bon ce n’etait pas toujours avec bienveillance mais le resultat est presque le meme. L’enfant fini par se mettre la pression, a peur de decevoir celui qui le pousse et meme s’il y arrive il a peur d’echouer les fois d’apres et de descendre de son piedestal.

    Les enfants par nature veulent faire parti de notre monde. Des qu’ils sont petits ils ont envie de participer, de creer, de parler, d’echanger. Pourquoi vouloir les faire aller plus vite ou plus loin que ce a quoi ils aspirent ? Pour moi le plus important est qu’ils sachent justement a quoi ils aspirent, qu’est ce qui leur plait, qu’ont ils envie de faire dans leur vie, qui aimeraient ils etre ? Une fois qu’ils ont un debut de reponse, la motivation pour avancer est la, pas besoin de les « pousser au derriere ».

    • Bonjour LNBL,

      Merci pour votre réflexion !

      Vous mettez le doigt sur un point, peut-être un des plus délicats pour les parents et enseignants : proposer aux enfants un environnement et des activités qui soient au juste niveau de difficulté pour eux. Qui soient stimulants pour éviter l’ennui. Mais pas trop difficiles pour ne pas être décourageants. Qui soient exactement comme vous le décrivez : encourageants, qui laissent le temps, qui stimulent la motivation intrinsèque.

      C’est se situer toujours dans la zone proximale de développement de l’enfant, dont Céline Alvarez parle longuement dans son livre :
      http://amzn.to/2f058Tn

      Et qui est expliquée ici en résumé :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_proximale_de_d%C3%A9veloppement
      http://differenciation.org/pdf/notion_zpd.pdf

      Superbe programme pour l’éducation du 21ème siècle !

      A bientôt,
      Magali.

      • Merci beaucoup pour votre reference a la ZPD que je ne connaissais pas. Je trouve ce concept assez genial ! Par contre je me pose des questions par rapport a l’autonomie d’exploration de la ZPD. N’est il pas envisageable que l’enfant aille surfer dans sa ZPD de facon automatique des qu’il a fait le tour d’un sujet ? Faut il necessairement que l’adulte pousse l’enfant dans cette zone ? J’imagine que c’est une question d’habitude et de dosage.
        Un enfant qui a l’habitude d’explorer ses centres d’interets de facon autonomes ira facilement dans sa ZPD alors qu’un enfant a qui l’on a toujours dit quoi faire ou travailler, en telle quantite, a quelle heure et pour quel but aura tendance a ne pas aller plus loin que ce qui lui est demande.

        Moi qui vais me mettre a l’IEF avec mes 3 enfants je pense que mes deux grands qui ont ete scolarises auront besoin que je les pousse doucement alors que le dernier (jamais scolarise) ira plus facilement explorer au dela de sa zone de confort.

        Je n’ai pas encore lu le livre de C. Alvarez, mais c’est prevu !
        Merci

        • Bonjour Hélène,

          Oui c’est exactement ça : c’est une question d’habitude et de dosage !

          Apprendre est comme un pas de deux, qui s’apprend… en tâtonnant et en se trompant (beaucoup) 🙂 Une fois l’adulte va trop « pousser » et mettre l’enfant en difficulté sans le vouloir, une autre fois il proposera un environnement pas assez stimulant et l’enfant va s’ennuyer. C’est ainsi que petit à petit, l’adulte et l’enfant apprennent à danser ensemble sans se marcher sur les pieds 😉

          Je vous souhaite pour 2017 de beaux moments de pas de 2 avec vos enfants… et n’hésitez pas à partager votre expérience ici !

          A bientôt,
          Magali.

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