Michael Phelps TDAHA Rio, Michael Phelps est entré un peu plus dans la légende des Jeux Olympiques.

A Pékin, en 2008, il avait établi le record du nombre de médailles d’or sur une olympiade : 8 titres de champion olympique en 8 épreuves. En 2016, il termine sa carrière sur un total de… 28 médailles aux JO, dont 23 médailles d’or, qui en font le sportif le plus titré et le plus médaillé de l’histoire des JO.

Alors, avec un tel palmarès, on pourrait être tenté de se dire que son succès était tout tracé, non ? Un physique rare, parfaitement adapté à la natation, une discipline sportive démarrée tôt, un enfant repéré de façon précoce par un entraîneur de talent…

Pourtant, sur son chemin, Michael Phelps a rencontré et surmonté une difficulté que bien d’entre vous connaissent : enfant, il est diagnostiqué hyperactif. Trouble de l’attention avec hyperactivité, TDA-H, pour être précis. Un trouble qui l’a bien entendu gêné à l’école… mais aussi en natation.

 

Alors, comment a-t-il apprivoisé cette difficulté… pour en faire une force ?

Voici ce qu’en dit sa maman, Debbie Phelps :

« Un jour, un de ses enseignants m’a dit que Michael était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit ». Alors Debbie décide de l’emmener chez un spécialiste… et le diagnostic tombe : TDA-H.

« J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Et puis ça m’a donné envie de montrer à la terre entière qu’ils avaient tort. Je savais qu’en soutenant Michael il pourrait réussir tout ce qu’il déciderait d’accomplir »

Elle a ainsi commencé à s’engager auprès de l’école de son fils pour qu’il obtienne le soutien dont il avait besoin

« Chaque fois qu’un enseignant me disait « Michael ne sait pas faire ci ou ça » je lui répondais « D’accord, et que faites-vous pour l’aider ? »

3 exemples :

  1. En classe, Michael Phelps ne cessait de piquer le cahier de son voisin de table. Sa mère a demandé à ce qu’il soit assis seul à une table
  2. L’entendant râler qu’il détestait la lecture, Debbie a commencé à lui donner à lire la section sport du journal, puis des livres parlant de sport
  3. Voyant qu’il ne s’en sortait pas en maths, elle lui a pris des cours particuliers en demandant au jeune étudiant de lui poser des problèmes qui l’intéressaient « Combien de temps te faut-il pour parcourir 500 mètres, si tu nages 3 mètres par seconde ? »

Pendant les compétitions de natation, la mère de Michael Phelps lui a patiemment appris à rester concentré, en insistant sur les conséquences de son comportement. Elle se rappelle ainsi du jour où, à 10 ans, il est arrivé 2ème d’une course et en a jeté ses lunettes de rage sur le bord de la piscine

« Sur le chemin du retour, je lui ai rappelé que le fair play était aussi important que de gagner. Alors on s’est mis d’accord sur un signal que je pourrais lui faire des gradins : chaque fois que je lui faisais un C avec mes mains, ça voulait dire « Calme toi, garde le contrôle ». Chaque fois que je le voyais commencer à s’énerver, je lui faisais un C… et un jour c’est lui qui m’a fait un C quand je m’énervais en préparant le dîner à la maison ! »

Ce que Debbie Phelps a remarqué, c’est que le comportement de son fils s’est calmé et qu’il a développé une auto-discipline de plus en plus forte à mesure que sa passion pour la natation grandissait

« Ces 10 dernières années, il n’a jamais raté un jour d’entraînement. Même le jour de Noël, la 1ère chose qu’il fait, c’est d’aller nager parce qu’il adore ça »

Debbie Phelps raconte aussi qu’elle a écouté et fait confiance à son fils, même quand elle avait un doute. A 12 ans, il a voulu arrêter les médicaments qu’il prenait depuis 3 ans pour contenir son hyperactivité. Malgré son appréhension, elle a accepté d’essayer… c’était le bon moment et cela s’est bien passé. L’agenda de Michael très structuré par les entraînements et les compétitions suffisait à le canaliser et lui a permis de rester concentré sans traitement.

Et du côté de l’école ? Il a poursuivi ses études jusqu’en fac : inscrit à l’Université du Michigan, il en est sorti major en marketing du sport 😉 

Que retenir de cette histoire ?

Il y a d’abord une fausse leçon à tirer de cette histoire « Si votre enfant a des difficultés à l’école, il peut réussir par le sport ». D’abord parce que tous les enfants en difficulté à l’école ne sont pas des sportifs en puissance. Ensuite, parce que les conseils de Debbie Phelps mettent bien en évidence que les difficultés d’attention et de comportement de son fils se manifestaient également en natation.

Ce que je retiens personnellement de cette histoire, c’est que :

  • Chaque enfant, quelque soient les difficultés qu’il rencontre, est doté de talents uniques. Quels sont les talents de votre enfant ?
  • Il est plus facile de travailler sur les points faibles d’un enfant une fois qu’il a trouvé sa passion, qu’il commence à prendre conscience de son talent. Car alors, il a une formidable motivation pour travailler sur les points faibles qui freinent sa progression
  • Ce sera + difficile pour votre enfant et pour vous que si votre enfant était parfaitement dans le moule 🙁 Bien sûr, il est + facile et + valorisant à court terme d’avoir un enfant qui a de bonnes notes à l’école et qui est sage comme une image, pas vrai ? Mais la difficulté est plus que compensée par la satisfaction de révéler le trésor qui est en votre enfant, ce trésor que vous aurez su voir quand les autres passaient à côté 

Bref, en tant que parents, nous pouvons faire une très grande différence dans la vie de nos enfants quand nous voyons en eux un potentiel, là où d’autres voient un problème 🙂 

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Cet article est librement traduit d’une interview donnée par Debbie Phelps au journal ADDitude, Strategies and support for ADHD & LD

 

Crédit photo : Reuters

14 comments on “Réussir avec un TDA-H : les conseils de Debbie, mère de Michael Phelps”

  1. Merci pour ce témoignage, mon fils a un TDA-H, il a 8 ans et adore le foot, pas toujours facile quand en pleine action Lucas rêve en regardant le ciel et que le jeu se poursuit !!!
    Grâce à son trouble j’ai appris à le connaitre vraiment et à l’admirer, il est plein de passions …
    Donc oui, il faut croire en eux.
    Bon courage à vous …

  2. Merci pour votre article que je vais aussi partager sur FB. Maman d’un garçon de bientôt 9 ans TDA-H ce n’est pas toujours facile de bien réagir face à ses réactions mais votre blog est une mine d’informations.Je vous en remercie.

  3. il fallait quand même que Phelps n’ait pas de trouble d’apprentissage pour se rendre si loin avec les études. Ce n’est pas le lot de tous. J’en conclus que le tdah est un trouble neurocomportemental

    • Bonjour Odette,

      Le système universitaire américain est assez différent du nôtre et donne une vraie prime aux sportifs de haut niveau. C’est donc probablement plus sur ses qualités de sportif que Michael Phelps a été admis à l’université (sous réserve de confirmation car je n’ai pas étudié son cas spécifique sur ce point). En revanche, pour sortir major de sa formation en marketing du sport, il a en effet bien fallu qu’il trouve les ressources pour étudier « comme les autres » 😉

      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

  4. Très bon article.
    Juste une remarque. Le médicament n’est pas là pour contenir son hyperactivité mais pour l’aider à se concentrer 😉

  5. Bonjour! Cette maman est une perle. Elle n’a jamais cessé de croire en son fils et ses capacités malgré le tdah. Elle lui a permis de se construire de belles bases solides sachant qu’il lui était permis de faire des erreurs, de les accepter et de les modifier. C’est le travail d’une vie! Je ne sais pas si ce nageur avait une ou des comorbidités, mais les stratégies enseignées lui ont permis de se dévoiler avec le temps. En tant que parents, nous devons misé sur les forces de nos enfants et leur permettre de se réaliser à travers elles. De plus, nous devons les outiller. Il est important d’aller chercher ce dont ils ont besoin. De plus, nous devons leur servir de modèles. Ce qui n’est pas toujours facile à réaliser car très souvent la pomme n’est pas tombée trop loin du pommier. Ces enfants malgré leur tdah ont de très belles qualités et nous devons les découvrir. J’enseigne et mon fils a un tdah avec difficultés langagières. À mes yeux, d’enseignante et de maman, nous devons outrepasser le diagnostic, les aider à se faire accepter malgré leurs différences et les guider à faire de meilleurs choix. Très souvent, ces personnes sont plus que douées dans un champ d’expertise et nous devons les aider à se réaliser, à extérioriser leur plein potentiel.

    • Bonjour Marie,

      Merci pour votre superbe témoignage !

      Oui il est essentiel de toujours voir d’abord le talent unique, les qualités de notre enfant… et pourtant ce n’est pas si facile dans notre culture scolaire française qui nous a appris à voir d’abord l’erreur, à identifier la différence comme un problème. Alors ce sont des parents et enseignants comme vous qui font bouger les lignes 🙂

      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

  6. Avoir des troubles de l’attention n’empêche pas forcément de faire des études poussées, même sans médicaments. (Et il en va de même avec les autres troubles d’apprentissages, je trouve choquant de considérer qu’ils empêchent forcément de faire des études de haut niveau, c’est un discours que j’entends trop souvent de la part de profs peu bienveillants) Pour la personne ayant un tda/h, même si elle aura des difficultés au vu de la mémoire de travail faible, ça peut être surmontable. Surtout si la personne adore sa matière, elle pourra s’hyperfocaliser dessus (un des avantage du « trouble »). Le tda/H a un impact sur le comportement et le développement de la personnalité, mais de la à voir systématiquement une anomalie des interactions sociales comme les autres troubles neurocomportementaux…

    • Bonjour Escureuil,

      Un grand merci pour votre point de vue positif et encourageant ! + difficile ne veut pas dire insurmontable 😉 Votre explication vient conforter l’exemple des études universitaires suivies avec succès par Michael Phelps, même s’il a probablement bénéficié d’un coup de pouce à l’admission (cf. commentaire précédent).

      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

  7. Témoignage idéalisé. Ainsi n’est pas la réalité. Beaucoup d’échecs, quelques réussites, chaque jour remises en cause. Dans quelques jours, le début d’une nouvelle année scolaire, avec son lot de rendez-vous chez les spécialistes (orthophoniste, Pédopsychiatre, psychologue), la mise à jour du PPS, la rencontre avec une nouvelle équipe pédagogique. À nouveau expliquer, convaincre, qu’il n’est pas agité pour le plaisir, qu’il a besoin de son AVS pour se rassurer. Et déjà tant de lassitude, pour lui comme pour moi !

    • Bonjour Henry,

      Merci pour votre témoignage. Je sens une grande lassitude dans votre partage d’expérience. Le propos de mon article n’est surtout pas de brandir une réussite inaccessible pour culpabiliser ou « enfoncer » les parents qui vivent un quotidien difficile à cause du trouble d’attention de leur enfant.

      Bien au contraire, il s’agit de partager l’expérience encourageante de parents qui ont traversé les mêmes difficultés que vous, avant vous, et qui ont finalement réalisé que leur enfant n’était pas un « problème », que leur enfant avait un immense talent que beaucoup d’autres adultes et l’école en particulier n’ont pas su voir.

      Quand il avait 12 ans – et que rien ne permettait d’imaginer qu’il deviendrait champion olympique un jour – la maman de Michael Phelps a très probablement traversé les mêmes doutes que vous.

      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

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