ecole-21-siecle-excellenceCes 2 dernières années, ma fille aînée a été scolarisée à l’étranger dans une école du 21ème siècle.

Une école d’excellence par ses résultats : 98% de réussite à l’International Baccalaureate, un bac ultra exigeant, porte d’entrée royale vers les meilleures universités mondiales, qui pourrait se comparer en France au niveau de nos classes prépas.

133 admissions dans les 50 meilleures universités mondiales pour 150 élèves diplômés…

Mais surtout, et c’est ce qui nous avait convaincus, une école d’excellence par sa pédagogie.

Pendant 2 ans, ma fille a passé chaque jour dans la classe idéale décrite par Céline Alvarez.

Une école où les enfants arrivent avec le sourire aux lèvres le matin. Une école où les enfants sont joyeux, actifs, responsabilisés, encouragés chaque jour à déployer leur plein potentiel grâce à un mélange unique de bienveillance et d’exigence. Une école où le développement des 6 attitudes de la réussite, allié à un solide socle académique, est au cœur du cursus.

Logiquement, pour notre retour en France, mon mari et moi avons cherché une école qui serait dans la continuité de cette fabuleuse expérience.

 

Nos finances ne nous permettent pas d’envisager une école internationale parisienne aux frais de scolarité de… 25.000€ l’année dès la maternelle.

ecole-21-siecle-qualite-pedagogieCe n’est pas très grave, car nous sommes convaincus que l’essentiel pour la réussite et l’épanouissement des enfants n’est pas dans les moyens – la piscine, le stade de foot d’une école internationale… – mais dans la pédagogie.

Nous avons été surpris – et à vrai dire un peu gênés et déçus – de voir que les seules options que nous avons trouvées sont des écoles privées hors contrat. 

Bah après tout, qu’à cela ne tienne, peu importe le statut, ce qui nous importe c’est la qualité de l’accueil des enfants.

Mais NON : BOUH du hors contrat ! Nous avons vite compris depuis notre retour à Paris que nous avons quasiment basculé dans la clandestinité. Hors des radars du système éducatif français. Un monde mal vu. Un risque majeur pour la scolarité future de notre fille nous a-t-on expliqué. Doutes. Soupçons…

Alors aujourd’hui, je ressens une grande tristesse et une forte inquiétude pour l’avenir de mon pays. Car, si ce qui est considéré hors de nos frontières comme l’excellence mondiale en matière d’éducation, est rejeté d’un œil soupçonneux chez nous, quel avenir préparons-nous pour nos enfants ?

Pendant que nous refusons d’innover, d’expérimenter, d’entrer de plein pied dans l’école du 21ème siècle, d’autres pays, d’autres écoles, travaillent jour après jour à offrir à leurs enfants une éducation qui leur donne les clés pour réussir dans le monde d’aujourd’hui. Une éducation qui libère leur plein potentiel, pose les bases d’une réussite joyeuse et responsable. Une éducation qui prépare la prospérité et la paix de demain.

Aujourd’hui plus que jamais, je rêve que la France accepte enfin de rejoindre ce mouvement. Nous n’avons rien à inventer, l’école de demain existe déjà.

Comment ça se passe chez vous ?

Et vous, avez-vous été tenté de faire un choix d’éducation pour vos enfants qui vous amène hors des sentiers battus de l’Education nationale ? Y avez-vous renoncé face à la pression ? Si vous avez franchi le pas, comment vivez-vous cette situation « hors système » ?

Partagez votre expérience dans les commentaires ! 

 

Crédit photo : ISKL

20 comments on “Ecole française : dur retour à la réalité après 2 ans à l’étranger”

  1. Bonjour Magali,

    Tout d’abord, bon retour au bercail !
    Si le retour est un peu difficile, au moins as-tu pu testé en grandeur réelle les bienfaits de cette éducation. A toi maintenant de semer ton expérience pour faire bouger les choses 😉

    Mon expérience à la maison … Mes deux ados sont dans le système éducation nationale. S’ils ont bénéficié d’un enseignement en école primaire plutôt bienveillant, si l’équipe éducative du collège est motivée et à l’écoute … comment dire … tout en restant diplomate ?
    Ce qui me pose question et parfois colère, est plutôt l’attitude des élèves entre eux. Violence verbale, mises à l’écart de la différence : quoi tu ne regardes pas « bienvenue à la ferme » ? ou tout simplement par pur plaisir.
    Je ne jette pas forcément la pierre aux parents, mais comment éduquer ses enfants à la bienveillance ? … Quand on part tôt, rentre tard, plusieurs heures de transport en commun dans les pattes, un travail sous pression, vos enfants qui ont besoin de vous mais vous n’avez plus les ressources pour les écouter, les aider pour leur devoir de math ou leur dissertation de français …
    Bref, je pense que l’éducation n’est pas le seul aspect à repenser.

    En tant que parents, nous avons choisi de « lever le pied » au niveau professionnel, pour nous ménager des temps en famille de qualité. Mais nous n’avons bien sûr pas les moyens financiers d’un collège Steiner ou Montessori, ni le temps d’une instruction en famille.
    Donc nous pallions avec les habiletés apprises au fil du temps et essayons de créer l’émulation autour de nous.
    Chacun doit apporter sa pierre.

    Carole.

    • Chez nous on est en passe de plonger dans l’instruction en famille.
      Nos 2 « grands » sont scolarises en CE1 et GS dans le public et j’en ai vraiment marre de les voir revenir de l’ecole avec des gros mots plein la bouche, de la violence les uns envers les autres alors qu’a la maison on est axes sur l’ecoute et la bienveillance.
      J’ai l’impression que je passe mes soirees a « reparer » ce que l’ecole ou le climat de l’ecole leur inculque….
      Pourtant les maitresses ont l’air vraiment bien, en GS mon fils a 2 maitresses qui font des ateliers montessori avec libre choix de l’activite. Et celui de CE1 a une maitresse qui a vraiment l’air bienveillante et les encourage a faire « des erreurs » car c’est comme cela que l’on apprend ! Bref je suis plutot ravie.
      Mais rien n’y fait, comme le dit Carole, les enfants sont violents entre eux et mes enfants hypersensibles on du mal a digerer toute cette violence et du coup c’est difficile de passer des soirees calmes a la maison.

      Nous n’avons pas les moyens de les mettre dans des ecoles privees types montessori et je pencherai plutot pour une ecole democratique mais il y en a tres peu ici (74). Donc ce sera l’IEF pour nous dans quelques mois, j’ai envie de retrouver des enfants bien dans leur peau qui ne partent pas en « vrille » a la moindre contrariete.

      Quand j’ai le temps de jouer avec eux, mes enfants sont super, leur comportement est juste magnifique, entraide, entente, compassion, implication ils ont tout ca en eux, mais clairement mon constat est que l’ecole ou le manque de temps passes avec mon mari et moi fait ressortir le pire en eux. Et moi je veux qu’ils developpent le meilleur de leurs capacites et potentiels. Ils en ont plein comme tous les enfants, a moi de les leur faire reveler !

      • Bonjour LNBL,

        Merci pour votre expérience !

        Je partage votre préoccupation, car c’est à l’école que les enfants apprennent pour la 1ère fois les règles de la vie en société : les règles du jeu qu’ils y découvrent vont durablement marquer leur relation aux autres, y compris à l’âge adulte.

        Avez-vous le sentiment que l’école de vos enfants est dans un environnement particulièrement sensible ? Ou diriez-vous qu’il s’agit d’une école « normale » ?

        A bientôt,
        Magali.

        • Oh non l’ecole de mes enfants n’est pas du tout dans un environement sensible !! Nous sommes dans un village de Haute Savoie ou beaucoup de parents travaillent en Suisse, donc avec des salaires plutot tres confortables. Donc ecole « normale » voire meme peut etre « privilegiee ». Cela reste une ecole publique gratuite donc les niveaux sociaux culturels sont melanges mais peu d’enfants sont de milieux vraiments « defavorises ».

    • Bonjour Carole,

      Merci pour ton partage d’expérience !

      Oui c’est inquiétant cette violence des enfants et des ados entre eux, ce rejet de la différence… D’où la nécessité à mon sens que l’école ne se limite pas à la transmission de connaissances. Qu’elle soit un lieu de vie à part entière, où les enfants apprennent des règles de vie ensemble – de préférence dans le respect et la tolérance – qui soient complémentaires de l’éducation à la maison.

      C’est possible, c’est ce que j’ai vu à l’étranger pendant 2 ans, et j’ai bien envie de contribuer à ce que ça arrive en France 🙂

      A bientôt,
      Magali.

  2. Chez nous, on a opté pour l instruction en famille depuis 4 ans, faute de trouver une école qui corresponde à notre vision de l’instruction.
    Et vraiment, on vous rejoint sur le constat de rejet des pédagogies centrées sur la personne.

    • Bonjour Valy,

      Merci pour votre message !

      Je suis intéressée par votre expérience : quelle méthode, quelle approche pédagogique utilisez-vous à la maison ? Vous pouvez me répondre par email 🙂

      A bientôt,
      Magali.

  3. Bonjour et bon retour!
    Le « hors-contrat » fait peur parce qu’il évoque un système « hors norme ». Et pourtant tous les enfants sont ils égaux? Je crois que c’est dans la culture française de mettre du temps à accepter le changement. A mon avis, je me suis lancée dans la folle aventure d’essayer de bouger les choses et de ne pas attendre que les décisions trop lentes ou trop frileuses soient prises, et ce, pour l’avenir de nos enfants. Je crée donc mon premier établissement scolaire (d’abord pour maternelles) à la rentrée prochaine dans le 92. Je serai intéressée pour en savoir plus sur ces écoles dont vous parlez. Merci et bon con courage.

  4. Instruction en famille! Et école hors contrat pour celui qui a besoin du groupe pour avancer.
    Extra, génial, enfin on s’épanouit depuis 7 années!
    Bravo pour cet article!
    Mari

    • Bonjour Mari,

      Merci pour votre message !

      Cela m’intéresserait d’en savoir plus sur votre expérience : quelle méthode, quelle approche pédagogique utilisez-vous à la maison, avec ces résultats qui vous satisfont pleinement ?

      A bientôt,
      Magali.

  5. Tous les ans, On fait le constat d’une perte de compétitivité du système educatif francais dans les classements internationaux… sans que rien ne soit mis en place pour moderniser notre système D enseignement.
    Pourtant nous faisons partie de ceux qui mobilisons le plus de moyens financiers pour l éducation de nos enfants… avec des résultats pourtant médiocres.
    Le problème c est que Le ministère de la rue de grenelle reste immobile par peur de provoquer des conflits avec le monde de l enseignement.
    La moindre initiative « privée » (type faire entrer les témoignages des entreprises dans les écoles, proposer un petit programme d’éducation à la gestion du budget …) est accueillie avec une méfiance hallucinante et demande une énergie incroyable pour réussir à obtenir L accord du ministere.
    Il faut pourtant que les choses changent ! Il est que notre enseignement se préoccupe de la « compétitivité » et ne soit plus fermé sur le fait qu il puisse y avoir plusieurs méthodes d enseignement ! Et sur le fait qu il faille faire évoluer les enseignements dans nos écoles publiques.
    Heureusement certains professeurs essayent à leur niveau de proposer des enseignements innovants dans leurs classes.
    L an dernier l institutrice de mon fils (Ecole publique) a mis en place tout un programme éducatif sur « le monde » : les parents ayant vécu à L étranger sont venus en classe parler de leur pays D expatriation ou D origine aux enfants. Autour de cela l institutrice a construit tout un programme d enseignement : chanson dans la langue du pays, coutumes, danses, atelier cuisine autour d une spécialiste locale… c était formidable ! Nos enfants ont fait le tour du monde !
    Nous avons « mal été habitués » car cette annee nous avons demandé à L institutrice quel serait son projet « à elle » cette annee… Et elle nous a répondu : « consultez le site de L éducation nationale, le programme est le même pour tout le monde »…
    Dommage… !

    • Bonjour Estelle,

      Merci pour ton commentaire !

      Aïe, aïe, aïe, terrible cette réponse « consultez le site de l’Education nationale »… j’ai préféré en rire pour ne pas en pleurer 😉

      Il me semble effectivement qu’une des clés de la réussite de l’école que ma fille vient de quitter, c’est la liberté des enseignants d’innover, de forger leur style d’enseignement. Mais attention, une liberté très encadrée : avec une discipline d’équipe, avec des évaluations régulières… pour assurer un subtil équilibre entre la liberté d’initiative de l’enseignant et une certaine homogénéité de contenu, de méthodes et de résultats au niveau de l’école. C’est aussi une sécurité pour l’enseignant, qui n’est jamais laissé seul face à sa classe, mais est soutenu par toute une équipe.

      A bientôt,
      Magali.

  6. bonjour moi je suis hyper heureuse qu’une école skhole vient de s’ouvrir près de chez moi; l’éducation par l’immersion et l’apprentissage à son rythme dans un environnement enrichissant; seulement qui dit école hors contrat dit frais et je ne peux pas me permettre 6000 € par an pour deux salaires à 3000 €/mois; alors grosse déception car obligation d’être dans le système classique et c’est navrant;;; comment faire,, je n’ai pas de solution;;; faire un crédit sur des années car ma fille entame seulement le collège donc ça fait 6000 € x 7 ans soit 42 000 € !!! je sais qu’il y a des écoles bien plus chères et que forcément l’école a besoin de moyens mais n’y aurait il pas une forme de mécénat à mettre en place ???? Merci pour votre attention

    • Bonjour Paul,

      Merci pour votre commentaire !

      Je partage tout à fait votre réflexion :
      1. Il me paraît dommage (pour ne pas dire plus) que l’Etat prive de subvention toute école innovante sur le plan pédagogique. Car ces écoles qui pourraient préparer l’avenir de notre école publique se retrouvent asphyxiées financièrement – 6.000€/an de frais de scolarité c’est moins que la subvention de l’Etat pour un élève dans un collège public – et n’ont donc pas les moyens de se développer.
      2. Face au bloquage actuel, le recours au mécénat me paraît être une solution tout à fait valable. Pourtant, à ma connaissance, très peu d’écoles hors contrat y ont recours… pour quelle raison ? Je l’ignore pour l’instant et j’aimerais en savoir plus !

      A bientôt,
      Magali.

  7. Ma fille sera en âge d’être scolarisée d’ici 1 an et cela nous angoisse beaucoup mon conjoint et moi-même. Nous rêvons de lui offrir une scolarité bienveillante et différente de ce que nous avons nous-même connu. C’est une enfant pleine d’amour (elle fait beaucoup de câlin même à des enfants qu’elle ne connaît pas), de vivacité et de bonne humeur et je crains fortement que l’école traditionnelle ébranle cela.

    Merci pour cet article qui pose les bonnes questions et nous conduit à une réflexion importante sur l’avenir scolaire de nos enfants.

    A bientôt <3

    • Bonjour,

      Merci pour votre message !

      Je partage complètement votre préoccupation sur le volet comportemental : les qualités de votre fille sont à préserver ! Elles sont le socle sur lequel vont se bâtir les attitudes de la réussite 🙂

      L’idéal serait effectivement de pouvoir choisir une pédagogie qui cultive ces qualités, je regrette que ce soit en France un choix trop souvent inaccessible. A défaut, nous pouvons engager chacun à notre niveau un dialogue patient avec les enseignants de nos enfants et les autres parents pour faire évoluer le système vers + de bienveillance… tout en ayant conscience que ce n’est aujourd’hui pas simple 🙁

      A bientôt,
      Magali.

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