Mercredi 15 février, j’ai eu le privilège d’être de nouveau l’invitée de la radio Vivre FM pour une chronique sur le thème « Mon enfant est hyperactif ».

Je vous propose de réécouter l’émission en cliquant ici :

 

Ou de lire la transcription texte de cette interview ci-dessous. Vous y trouverez 3 contre-vérités sur les enfants hyperactifs… que vous ne commettrez plus après avoir lu cet article ! 

Anne Lise : Bonjour Benjamin, dans cette chronique vous le savez nous donnons la parole aux parents d’enfants différents qui se posent des questions et souhaitent partager des bonnes pratiques pour améliorer le quotidien. Alors ce matin, nous nous intéressons aux enfants hyperactifs. Nous avons reçu un message de Clémence sur notre page face book : « Mon petit garçon, Robin, âgé de 4 ans est très agité, turbulent. Sa maîtresse a même employé le terme d’hyperactif ». Comment puis je savoir et existe t il des solutions ? »

Magali, bonjour !

Magali : Bonjour Anne Lise, bonjour Benjamin,

Anne Lise : vous êtes la fondatrice du site parentsdu21esiècle.fr. Tout d’abord, qu’est ce que l’hyperactivité ?

Magali : Alors avant de donner une définition de l’hyperactivité, il faut bien avoir en tête que les enfants SONT bourrés d’énergie. Les enfants courent, sautent, passent vite d’une activité à l’autre… et c’est normal ! Ils n’ont pas (encore) appris, comme leurs parents, à rester assis sur une chaise toute la journée. Donc un enfant qui a de l’énergie à revendre n’est pas un enfant hyperactif (Contre-vérité n°1)

Ceci étant dit, là où on entre dans le domaine de l’hyperactivité, c’est quand le débordement d’énergie d’un enfant pose un problème quotidien dans le fonctionnement de la classe, dans la vie familiale, dans les relations avec les autres enfants.

Ce qui va caractériser un enfant hyperactif, ce sont 3 attitudes :

  1. une inattention, des difficultés à se concentrer « je suis très facilement distrait »
  2. une impulsivité marquée « j’agis avant de réfléchir »,
  3. une agitation incessante « je bouge trop et je ne peux pas m’en empêcher »
Une belle vitalité !

Ce que les parents d’un enfant hyperactif entendent constamment c’est :

« votre enfant est agité, turbulent »

« vous ne savez pas vous y prendre »

« ah de mon temps, ça ne se passait pas comme ça ! Avec moi, il filerait droit »

C’est terriblement culpabilisant. Et ça n’apporte aucune solution !

 

Anne Lise : Existe t il des traitements ?

Magali : Avant de penser « traitement », il faut penser « diagnostic ». L’hyperactivité est le symptôme que quelque chose ne va pas, mais quoi ?

Il y a une multitude de causes possibles :

– un trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH), qui est un trouble neuro-développemental chronique et qui concerne de 3% à 5% des enfants d’âge scolaire en France. Le TDAH n’est pas la seule cause d’hyperactivité chez un enfant, donc il faut oublier l’équation hyperactif = TDAH = traitement médicamenteux (Contre-vérité n°2)

– des difficultés à entrer dans le moule scolaire : enfant précoce, DYS (dyslexique, dyspraxique…)

– une anxiété, des troubles de l’humeur

– des besoins physiologiques non couverts : le manque de sommeil, le manque d’exercice physique – encore une fois, pensez que nous n’avons pas été biologiquement programmés pour passer nos journées assis sur une chaise !

– des troubles psycho-affectifs, des carences éducatives

– et bien d’autres causes médicales (troubles du spectre autistique…)

Bref, vous l’avez compris, la 1ère chose à faire est d’aller voir un professionnel qualifié pour identifier quelle est la cause la + probable de l’hyperactivité de votre enfant.

Et bien sûr, ne pas hésiter à demander un autre avis, si vous vous rendez compte après quelques mois que le traitement mis en place ne fonctionne pas. Le diagnostic n’est pas si facile que ça et un professionnel, même compétent, peut passer à côté de la vraie raison.

Anne Lise : Comment Clémence peut elle aider son enfant au quotidien ?

Il n’a que des défauts !

Magali : Je vais donner 1 seul conseil à Clémence, mais qui est très important et à rebours de ce que vous allez entendre partout : Clémence, appuyez-vous sur les qualités et sur les points forts de Robin.

Vous allez constamment entendre des critiques « votre enfant est trop ceci, trop cela, « il n’est pas assez ceci, pas assez cela ».

Avec un enfant qui ne rentre pas parfaitement dans le moule de l’école, de ce qui est socialement attendu pour son âge, très vite tout le monde ne va voir que ses défauts.

Le problème c’est qu’on ne construit pas une réussite en corrigeant ses défauts dans le but ultime de rentrer dans la moyenne (Contre-vérité n°3) 

La réussite de Robin, elle va se construire en s’appuyant sur ses points forts, sur ses talents, sur ses passions.

Est-ce que je peux vous donner 1 exemple ?

Anne-Lise : Oui, bien sûr !

Cet été, j’ai traduit et publié une superbe interview de Debbie Phelps, la maman de Michael Phelps.

Michael Phelps est un nageur. Il est le sportif le plus titré de l’histoire des Jeux Olympiques avec 23 titres de champion olympique.

Il se trouve qu’enfant Michael Phelps a été diagnostiqué hyperactif. C’est d’ailleurs pour canaliser son énergie que sa mère l’a inscrit au club de natation local.

Au passage, chaque fois que Debbie Phelps entendait un enseignant critiquer l’agitation de son fils, elle répondait « d’accord, et que faites-vous pour l’aider ? »

Bref, quand les séances de défouloir à la piscine se sont transformées en une véritable passion, la maman de Michael Phelps s’est appuyée à fond là-dessus. Il ne veut pas lire les livres au programme ? Elle lui faisait lire l’Equipe ! Il ne s’intéresse pas aux maths ? Elle lui fait faire des exercices liés à la natation : si je nage 3 mètres par seconde, quelle distance est-ce que je parcours en 5 minutes ?

Et ce qu’elle a constaté, c’est qu’à mesure que la passion de la natation a grandi chez son fils, son hyperactivité s’est calmée, il a développé une auto-discipline de plus en plus forte. Il a même réussi à poursuivre des études universitaires.

La leçon de cette histoire, ce n’est surtout pas « si votre enfant est hyperactif, laissez tomber l’école, il réussira par le sport puisqu’il est bourré d’énergie »

La leçon c’est : l’hyperactivité de votre enfant est clairement une difficulté. Alors appuyez-vous sur ses talents, ses rêves, ses passions pour qu’il trouve la motivation et l’énergie de surmonter cette difficulté.

Benjamin : Et puis ce que vous dites, ça fait du bien autant pour les enfants que pour les parents ! Parce que ça fait du bien pour les parents de se dire que cet enfant, il a des qualités, qu’il a des points forts et qu’on va pouvoir s’appuyer dessus. 

Valoriser encourager enfant
Un trésor à révéler

Magali : Parfaitement ! C’est de se dire « je ne suis pas le parent d’un enfant à problème. Je suis le parent d’un enfant qui a un trésor, qui n’a pas encore été révélé ». Et ça c’est vraiment très important.

Anne-Lise : Et aussi ça permet de faire attention qu’il ne soit pas mis à l’écart. Qu’il ne soit pas exclu des goûters d’anniversaire.

Lui trouver une activité qui lui permette de se défouler, que ce soit le sport ou autre chose d’ailleurs, ça c’est une bonne chose pour qu’il se canalise.

Et peut-être qu’en grandissant les troubles s’atténuent ? 

Magali : Ca s’atténue. Mais il faut reconnaître que pour les parents, ça va s’atténuer surtout avec beaucoup de travail.

La maman de Michael Phelps raconte que même en natation son fils s’énervait très, très vite. Et alors elle avait un code avec lui : elle lui faisait un symbole C avec la main pour lui dire « Calme toi ! ».

Et elle lui a fait ce geste pendant des années. Donc petit à petit, son fils l’a intériorisé et son comportement s’est calmé. Mais elle a fait cet effort là pendant des années, de l’accompagner en partant de là où il était pour l’amener vers ses rêves, vers là où il voulait aller.

Anne-Lise : Merci Magali, c’était un très bel exemple ! Je rappelle le nom de votre blog : Parents du 21ème siècle. A très bientôt Magali !

Benjamin : Merci Magali, à bientôt.

Comment ça se passe chez vous ?

Ces 3 contre-vérités sur les enfants hyperactifs vous ont parlé ? Je vous invite maintenant à faire 2 choses :

  1. Laissez un commentaire pour partager votre avis et votre expérience : quelles sont les difficultés que rencontre votre enfant hyperactif ? Comment les surmontez-vous ?
  2. Partagez cet article avec vos amis en cliquant sur un des boutons à gauche du texte… pour que plus de parents comprennent les difficultés et les trésors de chaque enfant hyperactif ! 

 

Crédit photo : Rızamargooritaumnola

Recherches utilisées pour trouver cet article : les enfants hyperactifs c est n importe quoi

6 comments on “3 contre-vérités sur les enfants hyperactifs”

  1. Je suis Mamie d’un petit garçon de presque 10 ans dyspraxique et TDAH avec troubles du spectre autistique et anxiété. Il est l’aîné de 4 enfants.
    J’aimerais savoir comment lui faire comprendre ou lui expliquer sa différence. Il n’à pas l’air d’en avoir conscience, juste assez de tous ses rendez-vous. Il demande si ses frères et soeurs devront y aller eux aussi…
    J’ai la sensation qu’il est grand temps maintenant parce que,dans moins de deux ans, si tout va bien, ce sera la 6ème et que les différences se feront de plus en plus ressentir…
    Quelqu’un peut-il m’aider ou me faire partager son expérience. ..
    Merci d »avance
    Agnès

    • Bonjour Agnès,

      Merci pour votre message ! J’espère que vous trouverez dans la communauté Parents du 21ème siècle des lecteurs-parents qui partagent la même expérience que vous.

      Bon courage à ce petit prince pour tous ces rendez-vous et bravo à lui qui semble s’accrocher à l’école et s’y faire sa place,
      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

  2. Bonjour
    Je suis maman d’un enfantde 13 ans hyperactif et dyspraxique. Beaucoup d’énergie difficile à canaliser. La valorisation par le sport est compliquée car la dyspraxie lhandicape. Il n’arrive pas à faire ce qu’il veut se décourage vite. Il fait du foot et les entraîneurs n’ont pas du tout le même discours. Dès qu’il fait une erreur les autres joueurs se moquent de lui. A cet âge les enfants sont durs entre eux. Sur un terrain il est capable du meilleur comme du pire.Aucun autre sport ne l’intéresse. En dehors du foot ses centres d’intérêt sont les jeux vidéos et la télé..Je contrôle laccès aux écrans. Il n’arrive pas à s’occuper tout seul.C’est très compliqué car il enerve tout le monde il monopolise toute notre attention dès quil ne sait pas quoi faire. .J’ai essayé de lui proposer différentes activités mais il n’y a que les écrans qui linteressent. Trouver les points forts semblent simple pour certains enfants mais pour d’autres c’est compliqué. A l’école c’est pire. Les profs ne le loupent pas.Bien qu’il soit sous Retaline il n’arrive pas à gérer son comportement. Je ne sais plus quoi faire. Je narrive pas à ressortir ses points forts car il ne les montre pas. La pédagogie positive ne fonctionne pas sur lui.

    • Bonjour,

      Merci pour votre témoignage ! Le chemin n’est en effet pas facile, loin de là. Je n’ai pas cité cette anecdote au sujet de Michael Phelps, mais ses débuts en natation ont été désastreux… car il refusait de mettre la tête sous l’eau 😉 Pendant un bon moment, sa maman (et ses entraîneurs) ont rusé en le faisant nager uniquement sur le dos. Donc ne pas se laisser décourager par les difficultés, même quand rien ne semble fonctionner.

      Auriez-vous la possibilité de trouver un autre club de foot pour votre fils ? Le discours compétition « je ne m’intéresse qu’aux meilleurs, les moins bons n’ont pas leur place dans l’équipe » n’est pas idéal pour votre fils… ni pour les autres d’ailleurs. Il y a fort heureusement des entraîneurs qui ont une vision beaucoup plus ouverte du sport et qui y véhiculent des valeurs de cohésion, d’inclusion. Ce serait formidable pour votre fils. Et se sentir valorisé, encouragé l’aiderait sûrement à se découvrir d’autres talents 🙂

      A bientôt sur Parents du 21ème siècle,
      Magali.

      • Bonjour mon fils de 11 ans et tda sans hyperactivité par contre avec impulsivité .Beaucoup de difficultés scolaire gros problèmes de logique et compréhension ainsi qu un réel manque d autonomie . Les devoirs se déroule toujours accompagnées .IL fait du sport depuis ses 4 ans , le soucis c est qu il change tous les ans et me demande si cela peut réellement lui servir .3ans de judo ,1an de gym ,1 an de basket et 1 an de foot pour revenir au judo la ou il est assez bon .Mais il veut de nouveau arrêter .Que faire ?le pousser a continuer ou le laisser choisir ?? combiner 2 sport s avère très difficile pour assumer les devoirs de plus j ai emploi que me permettra bientôt plus de l aider autant

        • Bonjour Laetitia,

          Merci pour votre témoignage. « Faut-il le pousser à continuer le même sport jusqu’à la fin de l’année / l’année prochaine encore ? » c’est une question que nous sommes de nombreux parents à nous poser. Je ne suis pas sûre qu’il y ait de réponse évidente à cela :
          – la pratique prolongée d’un même sport, c’est l’opportunité de développer sa persévérance, de se perfectionner, de maîtriser une discipline…
          – changer d’activité régulièrement, c’est être curieux, découvrir de nouvelles choses, développer des aptitudes dans des domaines différents et complémentaires…

          Appel à vos témoignages !

          A bientôt sur parents du 21ème siècle,
          Magali.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *